Direction Burman

Boitier de direction Burman

La grande majorité des Alfa Roméo Giulia produites durant les années 60 et 70 a été équipée de boitiers de direction Burman.

 

Description sommaire :

Il s'agit d'une colonne d'acier au bout de laquelle est fixé le volant et terminée à l'autre extrémité par une vis sans fin. Autour de cette vis, dans une cage circulent 31 billes. Lors de la rotation du volant, ces billes roulent autour de la vis et provoquent le déplacement de leur cage, cette dernière fait pivoter un arbre oscillant perpendiculaire à la colonne. Cet arbre effectue un mouvement de rotation qui orientera les roues par l'intermédiaire de bielettes et rotules.

Observez bien cette cage, un ingénieux chemin transporte la bille arrivée en fin de course vers l'autre extrémité de la vis pour la remettre dans le circuit, d'où le nom "direction à recirculation de billes", c'est beau non ?

 

La partie vis de la colonne et tout le mécanisme (billes, cage et arbre oscillant) sont contenus dans un boitier en aluminium comportant quatre ouvertures.

- une dans sa base inférieure par laquelle sort l'arbre oscillant qui est ainsi relié aux biellettes de direction,

- une en haut, côté volant permettant l'entrée de la colonne de direction et une autre à la même hauteur sur l'avant supportant l'extrémité de la colonne. Ces deux ouvertures du boitier supportent les chemins de roulement de la colonne. L'un est fermé par le tube de direction et l'autre par un couvercle carré en acier.

- la dernière au sommet est large, elle couvre toute la surface du boitier, elle est fermée par un grand couvercle en acier. Ce couvercle est plus qu'une fermeture, il sert aussi de support de rotation pour l'arbre oscillant.

Afin qu'il puisse supporter les efforts de la direction, le boitier comporte une grosse nervure juste sous l'axe de la colonne à vis.

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Un point faible ?

Il semble que depuis quelques années le nombre de ruptures sur ce type de boitier soit en hausse, pourquoi ?

Ces directions étaient conçues pour des pneus plus étroits que ceux que l'on aime monter aujourd'hui sur nos vieilles Alfa avec des qualités d'adhérence bien différentes. Leur âge est maintenant compris entre 30 et 50 ans, on peut parfois apercevoir de petites craquelures dans l'aluminium qui a vieilli, mais le plus souvent elles sont invisibles car cachées par les couvercles de fermeture du boîtier. Ces fissures commencent à se former au voisinage des 12 vis de la partie supérieure du boîtier, le danger apparait lorsque qu'elles se rejoignent.

Ce boîtier est déjà en situation normale soumis à des efforts importants par l'effet démultiplicateur de la vis mais ces forces peuvent être nettement accentuées par d'autres raisons, j'en vois trois principales :

- les pneumatiques larges et modernes comme cela vient d'être dit ,

- le manque d'huile : une fuite du joint inférieur peut finir par vider le boîtier, l'arbre oscillant tournant dans un palier en bronze peut se gripper et opposer une forte résistance à la rotation, cette force se reportera sur les roulements et le couvercle supérieur.

- la rigidité toute relative du longeron sur lequel est fixé le boîtier : lors d'un effort sur la direction, ce longeron accepte une légère déformation, le boitier alu bouge d'autant alors que la solide vis sans fin résiste fortement à la torsion.  On imagine bien ici les poussées sur les roulements et donc sur les vis qui les maintiennent. Ce phénomène porte certainement une lourde responsabilité dans la dégradation des boîtiers.

En observant les photos de boitiers eclatés, on constate que c'est souvent la partie supérieure (juste sous le grand couvercle) qui se brise car les parois d'aluminium sont ici relativement fines. L'arbre oscillant perd aussitôt son support de rotation supérieur. Les ruptures autour des roulements avant et arrière ne sont pas rares non plus. L'effet est semblable : privé d'un roulement, la vis sans fin se désaxe et se "détache" de l'arbre oscillant.

Voici un exemple de rupture sous le grand couvercle :

D'autres ruptures au niveau des roulements avant et arrière.

Voici comment apparaissent les fissures à l'intérieur du boîtier.

Agrandissez chaque photo, les craquelures sont bien visibles autour de presque toutes les vis.

Un renfort ?

L'idée est déjà venue à certains : il faudrait reporter une partie de l'effort transmis par ce couvercle sur des pièces autres que le sommet du boitier, et de préférence sur des structures en acier.

Le principe consiste à ajouter une laison entre ce gros couvercle et le petit carré situé à l'avant d'une part, et le tube de direction d'autre part. Cela permet de transférer une partie de l'effort sur ces pièces d'acier.

 

La pièce imaginée ici répond à trois besoins :

- répartir une partie des efforts sur d'autres éléménts que l'alu du boitier afin de diminuer fortement son risque de rupture,

- permettre encore un certain maintient du couvercle supérieur même en cas de rupture du boitier afin de ne pas perdre totalement et immédiatement le contrôle de la direction,

- cette pièce doit pouvoir être installée et désinstallée sans aucun démontage du boitier.

Ce dernier point a son importance. Le but étant de sécuriser un boitier correct et non de le remplacer, cette pièce pourra s'installer sur le boitier en place dans la voiture sans avoir à l'ouvrir. Un montage très simple sans risque d'altération des réglages. L'ensemble de la direction reste en l'état. Elle est renforcée et sécurisée.

L'éventuel retrait de la pièce sera tout aussi simple.

 

Fabrication :

Ce renfort consiste à emprisonner par emboitement et blocage le grand couvercle du boitier afin de le solidariser au petit couvercle carré sur l'avant et au tube de direction sur l'arrière. Pour rappel : ce dernier est solidaire de la caisse sous le tableau de bord. 

Il est constitué de pièces d'acier plein forgées épousant les trois formes qu'elles vont devoir emprisonner : le grand couvercle supérieur, le petit avant et le tube de direction. Ces pièces sont ensuite solidement soudées entre elles. Chacune forme une pince serrée par vissage et qui bloquera l'élément sur lequel elle est fixée.

 

Il existe deux modèles de renfort semblables dans le principe mais différents dans la forme, le choix sera fonction du modèle de Giulia. Pour les plus anciennes avec pédalier au plancher c'est le modèle nommé "sprint" et le nommé "stradale" pour la seconde série avec pédalier suspendu.

Leurs petites histoires :

Le premier "sprint" a été imaginé durant l'été 2013 pour sécuriser la direction d'un Bertone de 1967, une Giulia sprint GTV, d'où son nom "serpitoni sprint". C'est voyant sa facilité d'installation et son efficacité que je décidais de le proposer aux autres alfistes. Le second, le "stradale" a ensuite été fait afin de pas se limiter aux seules Giulia "première série". Leurs noms sortent de l'imagination d'un grand passionné d'Alfa du sud de la France, il se reconnaitra !

Vous trouverez ici la présentation détaillée de chaque modèle :

  serpitoni sprint            serpitoni stradale

Les deux versions sont proposés à la vente sur commande au même prix de 190€ port ou pose compris.

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